
PSYCHANALYTIQUE …
« L’interprétation, dans son terme, pointe le désir, auquel, en un certain sens, elle est identique. Le désir, c’est en somme l’interprétation elle-même. »
Jacques LACAN, Le Séminaire, Livre XI, Les Quatre Concepts fontamentaux de la psychanalyse, Paris, Editions du Seuil, 1973.
ou STRUCTURALISTE …
« C’est tout un régime de pensée qui s’établit avec cette notion de structure, dont la fortune aujourd’hui dans tous les domaines répond à un besoin de l’esprit. Pour le philosophe, (…) la structure indique un chemin hors de la corrélation sujet-objet qui domine la philosophie de Descartes à Hegel. »
Maurice MERLEAU-PONTY, Eloge de la philosophie et autres essais, Paris, 1953.
… une activité de DECHIFFREMENT
« – Pour moi, la critique – et j’entends par « critique » la Nouvelle Critique aussi bien, à laquelle j’ai pu être assimilé – est une activité de déchiffrement du texte, notamment du texte dit classique, et cette activité de déchiffrement, quel que soit le mode de critique invoqué, est une activité qui vise à trouver – j’insiste sur le mot « trouver » ! – le sens, ou un sens profond, un sens secret, et donc un sens vrai du texte. Prenez les différents types de critique que l’on a groupés sous la dénomination : « Nouvelle Critique ». Eh bien ! vous pouvez interroger un texte d’un point de vue marxisant ou lukacsquisant, comme le fait Goldmann, et c’est alors pour obtenir le secret historique, historico-économique, disons, du texte, quelle que soit l’habileté des médiations, des interprétations mises en cause. Vous pouvez faire le même travail de déchiffrement avec une méthode de type psychanalytique freudien ; ce sera la psycho-critique de Charles Mauron. Là aussi, vous cherchez un certain secret du texte. Ou alors il y a des critiques thématiques, moins marqués philosophiquement, comme Weber, Poulet, Bachelard autrefois, Jean-Pierre Richard maintenant. Mais il s’agit toujours, au fond, je le répète, de déchiffrer le texte pour arriver à le lire dans quelque chose qui serait sa vérité, c’est-à-dire son sens final.
– Ce « déchiffrage », ne peut-on pas dire qu’il se fait alors à travers une idéologie ?
– Si. En tout cas à travers une philosophie qui, en fin de compte, intervient probablement chaque fois…
– Qui polarise la recherche.
– J’insiste sur ce point : pour moi le critique – et ce n’est pas du tout dépréciatif de ma part – est quelqu’un qui cherche à établir un sens du texte. »
Roland BARTHES, interview parue dans « Les Nouvelles Littéraires », 5 mars 1970.
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La « signifiance » du texte :
« Je ne prétends nullement que mon propre point de vue sur mes textes soit un point de vue privilégié. Il y a dans tout texte une grande part d’inconscient, d’involontaire, qu’il est loisible à tout lecteur d’y trouver. Toute interprétation d’un texte est valable. Dès qu’il est livré au dehors, il devient un bien commun. Le lecteur, dont la collaboration est indispensable, doit être libre de pousser ses investigations et de laisser vagabonder son imagination dans toutes les directions. »
Nathalie SARRAUTE
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