« Le sourire de Marko »: une légende authentique?

Etude d’une des « NOUVELLES ORIENTALES« 

de Marguerite Yourcenar

INTRODUCTION

Vladimir Propp, folkloriste russe, a établi un inventaire des fonctions des personnages dans les contes russes prouvant que le nombre des fonctions est limité, alors que la succession des fonctions est toujours identique; même si toutes les fonctions n’apparaissent pas nécessairement dans tous les contes, leur disposition reste inchangée.

Comme les lois établies par Propp ne sont valables que pour les contes merveilleux du folklore – et non pour les contes créés artificiellement – son étude pourrait servir d’instrument pour prouver l’authenticité de légendes racontées par des écrivains . Dans la présente étude nous allons examiner « Le sourire de Marko » sous cet angle.

Dans son oeuvre « Nouvelles orientales » – parue pour la première fois en 1938 et rééditée en 1963 chez Gallimard dans la collection « L’Imaginaire » – Marguerite Yourcenar fait revivre plusieurs légendes du Proche orient, dont celle de Marko Kraliévitch, sous le titre « Le sourire de Marko« .

La légende est introduite par l’intermédiaire de trois hommes – un archéologue grec, un pacha égyptien et un ingénieur français – qui, tout en admirant le pays du pont supérieur d’un paquebot dans un port des Balkans, discutent des prouesses des héros serbes.

L’INVENTAIRE DES FONCTIONS

Le schéma de Vladimir Propp pourrait être appliqué comme suit :

Situation initiale :

« Marko Kraliévitch nouait des relations secrètes en pays infidèle avec des chrétiens faussement convertis, des fonctionnaires mécontents, des pachas en danger de disgrâce et de mort »

« Marko charmait les vagues; il nageait aussi bien qu’Ulysse, son antique voisin d’Ithaque . Il charmait aussi les femmes: les chenaux compliqués de la mer le conduisaient souvent à Kotor, au pied d’une maison de bois toute vermoulue qui haletait sous la poussée des flots »2

  1. absence

« la veuve du pacha de Scut