De quelques notions

L’HERMENEUTIQUE

« L’herméneutique a d’abord désigné la science des règles d’inter­ prétation des textes bibliques, puis l’art d’interpréter les textes en général, puis l’art de comprendre, de déceler ce qui n’est pas manifeste. On l’emploie souvent aujourd’hui comme synonyme d’inter­prétation, mais comme synonyme enrichi. Ce qu’il ajoute, c’est l’idée que l’interprétation doit franchir la distance culturelle qui nous sépare des textes en même temps que l’écart qui sépare le discours de ce qu’il doit dire. »

Henri BOUILLARD, Exégèse, Herméneutique et Théologie, Problèmes de Méthode (1)

LA STRUCTURE

« … dans un état de système, on ne doit pas s’occuper des termes pour eux-mêmes, que ce soit le son ou le sens de tel mot pris isolément – mais des relations entre les termes. On peut parler dès maintenant de structure, de structure de système. En effet, un terme dans une langue, un mot par exemple, n’a pas de signifi­cation propre, sinon qu’il est différent de tous les autres signes ; c’est une valeur différentielle ; comme disait de Saussure : « Dans une langue il n’y a que des différences. » Nous commençons à com­prendre ce que sont les structures : des ensembles de dépendances mutuelles, des systèmes qui ne comportent que des relations et pas de termes. »

PAUL RICOEUR, Contribution d’une Réflexion sur le Langage
à une Théologie de la Parole (2)

LA SIGNIFICATION (SYMBOLISME ET STRUCTURE}

« D’abord il me semble que toute signification, pour pouvoir être riche et parlante, doit appartenir à une structure. La structure est un facteur de signification au moins sous forme négative ; je donne un exemple tiré de la Théologie du XIIème siècle de M.-D. Chenu ; dans son chapitre sur le symbolisme, l’auteur montre que les grands symboles de la culture occidentale, d’origine hébraïque et plus largement sémitique d’une part, et d’autre part grecque et proto­ hellénique, reposent sur un symbolisme universel qui s’avère être une symbolique foisonnante. Les mêmes symboles, comme l’eau, le feu, peuvent signifier tout ou n’importe quoi ; le feu brûle, puri­fie, détruit, chauffe ; l’eau nourrit, nettoie, mais aussi fait mourir ; par conséquent, c’est toujours comme une polysémie réglée dans une structure dominante qu’un symbole signifie quelque chose. »

PAUL RICOEUR, Contribution d’une Réflexion sur le Langage à une Théologie de la Parole  (3)

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{1) (2) & (3) in « Exégèse et Herméneutique« , ouvrage collectif, Paris, Editions du Seuil, 1971.

 

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Séminaire de Méthodologie Littéraire de M. J.-L. Beylard-Ozeroff

"Je dis qu'il faut apprendre le français dans les textes écrits par les grands écrivains, dans les textes de création ou chez les poètes et non pas auprès de documents qui portent déjà le rétrécissement du sociologisme, le rétrécissement des médias." Michel HENRY